Léon Sadorski est commissaire de police à Paris en 1942. Pas facile, ce métier à ce moment-là ! Mais il est pétainiste et antisémite, alors, tout va bien. Il fait son métier et, sans états d’âme, arrête des juifs et contribue quand nécessaire aux interrogatoires.

 

Le rappel, dès la première page, d’une note de la Gestapo de mars 1942 est terrifiant, comme toute la suite du livre : ” se faire la main sur 5 000 juifs parisiens, avant d’aller en province ”. C’est la relation de ce que fut la vie de tous ceux qui, pendant la guerre, eurent un comportement, ou des actions, incompatibles avec ce que l’occupant tolérait, et subirent interrogatoires, menaces, sévices, tortures, emprisonnement, déportation, ou assasinat pur et simple. Ce rappel est-il opportun ? À quoi sert-il, aujourd’hui, 70 ans après la fin de la guerre, de raviver ce genre de faits de manière romanesque ? Laissons ce travail aux historiens. Pourquoi risquer d’assombrir les relations avec nos importants voisins ? Ce genre de livre me gêne.

Léon Sadorski, malgré son cursus, fut lui-même emprisonné pour être mis en condition d’accepter ce qu’on allait lui demander. De façon détaillée et bien documenté, le livre raconte ce que fut l’occupation, et la collaboration active de certains. 

Robert Laffont - 500 pages         octobre 2016