C’est le premier roman de cette Iranienne qui vit maintenant à Paris, et quelle réussite ! Tout y est remarquable : l’histoire elle-même, manifestement partiellement biographique, la manière de la développer, le style. On prend le livre, et on ne le lâche pas.

 

Nous sommes en Iran, dans les années 1970-1980, avant puis avec Khomeini, dont on se demande pourquoi le Président Giscard d’Estaing a autorisé en 1979 son départ vers son pays (une révélation à ce sujet, terrible si authentique ; dans l’avion qui le ramenait en Iran après plus de quinze ans d’exil, alors qu’on lui demandait ce qu’il ressentait, sa réponse fut : RIEN…). Nous sommes aussi à Bruxelles, à Londres et à Paris, où de nombreux Iraniens se sont retrouvés, fuyant qui le Shah, qui son successeur.

Quelle terrible évolution que celle de ce pays : avec, certes, de considérables inégalités, c’était un pays ouvert sur le monde, sans contrainte religieuse. Et, tout d’un coup, cette régression : le voile, la religion, les imams, etc.

Le livre nous fait vivre cette période de façon très vivante, avec des familles unies ou qui se déchirent, des jeunes qui affrontent les anciens, une diaspora exilée : peut-on espérer qu’un jour une normalisation se rétablira ? À l’heure d’internet et de la mondialisation, tout est possible, sauf ce que la religion rend impossible, ou très difficile.

Liana Levi - 350 pages octobre 2016