Trois défaites importantes servent de support à ce beau roman : Hannibal renonçant au siège de Rome et rentrant chez lui ; le général Grant écrasant, massacrant devrait-on dire, les conférés de Lee ; et le roi des rois Hailé Sélassié, ne se dressant que symboliquement contre les fascistes italiens. Et toutes ces victoires-défaites ont été menées au prix du sang de milliers, de dizaine de milliers d’hommes. Grant le boucher, avec seize morts à la seconde : en 7 minutes, cela en fit 7 000, et ce n’était qu’un début…

 

Le livre nous fait voyager, de la Grèce au Liban, de Libye en Éthiopie, c’est partout le même comportement des hommes pour étendre leur pouvoir, être aussi grand que le fut Alexandre, laisser sa trace dans l’Histoire. La relation de ces trois grands combats nous le démontre.

Les défaites de l’un sont la victoire de l’autre. Mais est-ce bien une victoire ? Et, d’ailleurs, qu’est-ce qu’une victoire ?

C’est un livre bien écrit, mais structuré étrangement : dans chaque chapitre, on retrouve chacun des trois héros pour une nouvel épisode, une nouvelle histoire le décrivant, peut-être pour mieux les comparer et trouver des points communs entre ces grands hommes qui, chacun à sa manière et en leur temps, ont écrit une page d’histoire.

Actes Sud - 285 pages novembre 2016