En janvier de cette année, j’avais rendu compte de son premier roman paru en 2014 « DANS LE JARDIN DE L’OGRE », titre énigmatique écrivais-je. Celui-ci ne l’est pas moins, jugez-en : les trois premières pages sont la description détaillée de la scène du crime de 2 enfants - un bébé et une fillette de 3-4 ans - dont la mère, revenant de son étude d’avocate, où elle est associée à un ami de son mari, va découvrir l’horreur et se mettre à hurler.

 

L’assassin est Louise, la nounou des enfants, une perle de 50 ans, les enfants l’adoraient, les parents l’admiraient car, non contente de s’occuper des enfants, elle avait proprio motu pris en charge le ménage, le repassage, les courses, bref, la gestion de l’appartement.

Qu’a-t-il pu se passer dans la tête de Louise pour passer, de sang-froid, de l’affection profonde au crime ? C’est ce que tente d.expliquer ce livre sans y réussir vraiment. Il y a quelques pistes, dont la principale est dans la description de la vie de ce couple moderne et des occupation quotidiennes que Louise organise pour eux tous.

Comme je l’avais fait pour son premier roman, la principale critique est pour le style, qui ne s’est pas amélioré, et même pour le vocabulaire : au début, le qualificatif IMMONDE n’est pas à sa place dans le contexte décrit ; le mot MUTIQUE est employé au moins trois fois, et ça fait lourd. Les phrases sont courtes, et le plus souvent au présent de l’indicatif. J’ai l’impression que ce type de roman est écrit en quelques jours, et que l’auteur, si elle le relit, le fait en survolant. Dommage que Gallimard ne soit pas plus exigeant.

Je concluais en janvier sur son premier livre qu’il fallait attendre le suivant : vous aurez compris que je suis déçu. Il ne suffit pas de promener sa jolie silhouette et son sourire charmeur sur les plateaux de télévision : La Grande Librairie de Busnel sur la 5 le jeudi soir, l’émission littéraire du triste Jean-Pierre Elkabbach sur la Chaîne Parlementaire le dimanche, la Bibliothèque Médicis.

Il faut travailler davantage, Madame Slimani.

Gallimard - 227 pages septembre 2016