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En sous-titre : OU LE JOURNAL DES FRÈRES SCHILLER

 

Le père est Allemand, la maman est Algérienne, ils vivent en Algérie, près de Sétif ; leurs enfants, deux garçons de 15 et 18 ans, vivent chez un oncle dans une cité de la banlieue parisienne. Dans les années 1990, à l'époque d’une guerre civile en Algérie, le GIA tue la plupart des habitants de Aïn Deb, le petit village où vivaient les parents Schiller.

 

Les enfants, Rachel et Malrich, en allant se recueillir sur la tombe de leurs parents, enterrés avec les autres victimes, vont découvrir plusieurs choses : d’abord, qu’ils n’ont pas été enterrés sous leur vrai nom, Monsieur et Madame Schiller, mais sous le nom de jeune fille de Madame, et sous les prénoms, algériens, du père, qui était converti à l’islam. Puis, dans des papiers destinés à ses enfants, ils trouvent l’histoire de leur père : il fut, comme tous les Allemands, membre des Hitlerjugend, mais un membre actif puis, un participant à l’extermination des juifs en inventant et produisant le gaz utilisé dans les chambres à gaz.

Ceci conduit à une réflexion sur de nombreux sujets : est-on responsable des actes de ses parents ? Rachel répondra oui et se donnera la mort que son père n’a pas eu le courage d’affronter, se cachant derrière les ordres de la hiérarchie : Befehl ist Befehl, Un ordre est un ordre, cela ne se discute pas, cela s’exécute. Ensuite, ils réfléchiront au pouvoir algérien : y a-t-il une différence entre le pouvoir de Hitler et celui des colonels dans son pays ? Le massacre de Aïn Deb n’est-il pas de même nature, à une autre échelle, que celui des chambres à gaz ? Et que font nos gouvernants en France pour éviter que certaines cités ne se transforment en ghettos, dirigés par des imams sanguinaires ?

Ses critiques du pouvoir en place ont valu à l’auteur d’être limogé des fonctions qu’il occupait au ministère de l’industrie à Alger. Il continue pourtant de vivre près d’Alger. Un autre de ses romans avait déjà eu un grand succès en France, 2084, la fin du monde : je ne l’avais pas du tout aimé, alors que celui-ci se lit d’une traite…

Gallimard  - 264 pages août 2016